Pino Vastano, CEO et fondateur de Corporess AG

Quand c’est le chef qui reçoit les clients

Étant donné que la situation en termes de mandats est presque entièrement bloquée en raison de la pandémie de coronavirus, Corporess a dû avoir recours au chômage partiel et des licenciements sont envisagés. Pino Vastano, fondateur et CEO, nous en a parlé en 2020.

SwissRedshield · Interview mit Pino Vastano, CEO Corporess AG

Armée du Salut: Quelle est la situation actuelle de Corporess en relation avec le coronavirus ?
Pino Vastano: Alors nous avons été touchés de plein fouet en ce qui concerne le secteur aéronautique, mais les secteurs de la gastronomie et de l’hôtellerie ont aussi dû stopper ou réduire leurs activités.

À la suite du confinement, la fréquentation dans les boutiques a baissé, ce qui est aussi synonyme d’un chiffre d’affaires moins élevé ainsi que de chômage partiel. Tout cela fait que le service des uniformes n’est plus sollicité. Personne n’engage de nouveau personnel, les budgets pour les uniformes sont réduits, la durée de port des uniformes est allongée – notamment car ils n’ont pas été utilisés durant le confinement. Ce n’est qu’en cas de changement de poids ou en cas de défaut qu’un collaborateur de nos clients a la permission d’échanger l’uniforme. De ce fait, nous n’avons quasiment aucune commande.

Avez-vous des contacts avec vos collaborateurs ?

Nous avons régulièrement un contact en personne, car nous nous voyons une fois par mois pour faire des grillades. À cette occasion, nous informons nos collaborateurs des dernières dispositions qui nous concernent. Il y a des situations très différentes, pour la plupart, la situation ne menace pas leur existence, mais c’est difficile avec la garde des enfants et l’incertitude. Nous sommes prêts à aider les membres de notre personnel en faisant preuve de flexibilité, du moment qu’ils trouvent une meilleure solution. Nous ne pouvons malheureusement pas promettre grand-chose, étant donné que personne ne sait combien de temps la situation va durer. Tant que nous recevrons les indemnités de chômage partiel, nous ne licencierons personne. Les coûts du personnel sont ainsi couverts. Par contre, tous les autres coûts fixes continuent de s’accumuler. Et les indemnités de chômage partiel arrivent toujours avec deux à trois semaines de retard. La planification des liquidités est donc très importante.

Depuis mars 2020, nos propres fabricants et nous-mêmes n’avons reçu aucune nouvelle commande. Lorsqu’il n’y a plus aucunes réserves de liquidités d’avant, ça devient difficile pour beaucoup. Et : combien de temps peut-on tenir ainsi ?

Pino Vastano Fondateur & CEO de Corporess AG

Avez-vous des clients dont l’existence est menacée ?

Ich habe nicht den Eindruck, dass unsere Kunden akut gefährdet sind, weiss es aber auch nicht bei allen. Jedoch wird sich vielerorts die Unternehmensgrösse reduzieren. Momentan ist langfristige Planung unmöglich. Wir gehen aber davon aus, dass unsere Kunden weiterhin Uniformen und unseren Service nutzen werden. Jedoch wird auch bei uns das Arbeitsvolumen sinken. Wir müssen schauen, wie wir dies auffangen können mit Diversifikation. Existenzängste sind aber sehr wohl ein Thema.

Quelle est la situation des fournisseurs ?

Dans la branche du textile, la production est toujours effectuée six mois à l’avance. C’est ce qui nous permet d’encore livrer des commandes et de les facturer. En revanche, nous n’avons reçu aucune nouvelle commande depuis mars 2020, et c’est à partir de là que le problème commence. La situation est la même pour nos fabricants. Lorsqu’il n’y a plus de réserves de liquidités d’avant, la situation devient difficile pour beaucoup. Et même si cela n’est pas un problème : combien de temps peut-on tenir ? La consommation va se réduire : ne faire des vacances plus qu’une fois par année, les chaussures tiendront quelques mois de plus. En Suisse, nous avons de la chance grâce aux structures en place. En Bulgarie et en Italie, où j’ai des fabricants et des fournisseurs, les indemnités ne peuvent être obtenues qu’en assumant une lourde charge administrative. Je pense qu’en Suisse, nous ne sommes pas assez conscients de la gravité de la situation, car nous n’avons jamais été enfermés. En Inde, beaucoup de personnes ont dû rester chez elles pendant plus de 211 jours !

Les membres de votre personnel ont-ils des peurs ?

Je sais de mes collaborateurs qu’ils aiment leur travail chez nous. L’atmosphère est très familiale et cela manque à beaucoup. La peur que nos collaboratrices et collaborateurs ne trouvent rien d’autre est plutôt marginale. Il y a toutefois de plus en plus de personnes qui se retrouvent en situation précaire. L’Armée du Salut est là pour elles. En ce moment, elle est encore plus sollicitée que d’habitude, et cela est apprécié.

Le passage des contacts en personne à plus de communication par vidéoconférence est certes meilleure marché pour de nombreuses entreprises, mais des aspects émotionnels importants ne transparaissent pas dans ce mode de communication. Il continuera d’être nécessaire de rencontrer des personnes en face-à-face, mais beaucoup moins qu’avant.

Sur quoi mise Corporess en ces temps difficiles ?

Nous misons fortement sur un contact régulier et personnel afin de construire une relation à long terme. Dans les commerces spécialisés, un vendeur connaît le nom du client et ce qu’il lui plaît. Nous comptons sur ceci : un conseil professionnel et simplement notre avis si l’uniforme convient bien. Nous respectons les avis d’autres personnes et nous adaptons au souhait du client. Nous sommes huit collaborateurs en Suisse et quatre en Bulgarie. Nos clients aiment venir chez nous, ce qui est également intéressant pour nous, car cela nous permet de voir ce qui se passe. Ce n’est pas la première crise que le monde traverse. Comment cela va-t-il continuer ? Les contacts personnels et l’économie vont souffrir pendant des années du coronavirus.

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