Les jeunes souffrent davantage de la solitude malgré les contacts en ligne.

L’exclusion et le mobbing se passent désormais aussi en ligne

L’isolement social a, justement chez les jeunes, de multiples facettes, étant donné qu’il dépasse aujourd’hui le cadre de la cour de récréation. Quelques exemples pour illustrer le propos : le fait d’apprendre par les réseaux sociaux que ses camarades de classe se sont réunis pour une fête, tandis qu’on est soi-même assis seul chez soi. Ou que soi-même, on ne reçoit aucun message, alors que tous ceux qui nous entourent, lors de chaque temps libre, sont occupés à répondre à des sollicitations dans différents chats. Cela peut avoir des conséquences désastreuses. Les jeunes se sentent ainsi rapidement exclus et incompris. Le manque de contacts sociaux étroits est d’autant plus difficile pour des jeunes qui se trouvent dans un processus de quête d’identité et n’ont pas encore trouvé leur place dans la société. Si ces contacts sociaux manquent, cela peut avoir des conséquences graves pour le corps et pour l’âme des personnes touchées.

«Par solitude, j’entends…»

«… lorsque les gens n’ont pas de copains ou n’ont personne à qui parler. »

«… être seul, aussi intérieurement. »

«… quand on n’a personne à qui on peut s’adresser, en qui on peut avoir confiance.»

Tiré d'une enquête de rue auprès des jeunes sur le thème de la solitude.

Les jeunes sont plus fortement touchés

« Par rapport aux retraitées et retraités, il est nettement plus rare que les jeunes se sentent seuls. D’ailleurs, les jeunes se sentent plus rarement seuls que toutes les autres catégories d’âge. Par contre, les jeunes qui se sentent seuls sont plus fortement affectés dans leur santé que les personnes seules d’autres catégories d’âge. La solitude conduit souvent à des dépressions », explique Oliver Hämmig dans son interview. Le fait de ne pas appartenir à un groupe ou même de se sentir incompris représente un supplice pour l’âme et peut avoir de graves impacts sur la psyché des jeunes. Une conséquence fréquente : la dépression. Celle-ci peut à son tour conduire à des pensées suicidaires, en particulier chez les jeunes. Les jeunes aux pensées suicidaires ne souhaitent cependant souvent pas mourir. Ils se sentent seuls avec leurs problèmes et cherchent désespérément de l’aide.

Les problèmes de santé liés à l’intégration sociale chez les jeunes

La solitude est un sujet tabou

Si la solitude est thématisée aujourd’hui lorsque l’on parle des personnes âgées, elle continue à être un tabou lorsque l’on parle des jeunes. Il est (totalement) inconcevable que quelqu’un soit encore seul de nos jours, avec la pléthore de possibilités de contact, numériques et analogiques. C’est dans cet état d’esprit que réside le plus grand problème en lien avec la solitude. Ce n’est pas seulement un problème individuel, c’est aussi un sujet de société. En effet, c’est la société qui définit les règles déterminantes pour l’appartenance et l’isolement. Et c’est justement à ce niveau qu’il faut intervenir. Il faut parler de la solitude, elle doit constituer un sujet sur lequel on débat sans tabou. Ce n’est que de cette manière que les personnes touchées pourront surmonter leur honte et leurs peurs et reconnaître qu’elles sont en souffrance et qu’elles ont besoin d’aide afin de rompre l’isolement.

As-tu déjà connu la solitude ?

« Par moments, oui. Mais ça fait un bout de temps que je n’ai plus été seule, heureusement.»

« Oui, tout à fait, régulièrement. Je pense que c’est quelque chose de tout à fait normal. Je pense qu’il est également important qu’on puisse être seul, qu’on apprenne à faire des choses seul. »

Tiré d'une enquête de rue auprès des jeunes sur le thème de la solitude.

La mise en place d’un dispositif de détection précoce serait déterminante

Comme la solitude chez les jeunes continue d’être un tabou, il est par ailleurs très difficile d’atteindre les personnes concernées. Elles se replient sur elles-mêmes et restent seules avec leurs problèmes pour éviter, en raison de la thématique, d’essuyer encore davantage de critiques de leur entourage. C’est un cercle vicieux. À ce niveau, il serait toutefois déterminant de pouvoir disposer d’un dispositif de détection précoce afin de pouvoir prendre les mesures adéquates et de sortir les jeunes de leur isolement social.
L’Œuvre sociale de l’Armée du Salut Suisse propose une aide simple et rapide aux jeunes se trouvant dans une situation difficile. Différentes institutions les accueillent afin qu’ils retrouvent la tranquillité, qu’ils puissent se reposer et reprendre pied dans la vie sociale. Les jeunes qui se sentent seuls trouveront aussi différentes activités invitant au « vivre ensemble » convivial auprès de l’Œuvre de jeunesse de l’Armée du Salut. Pour obtenir un conseil immédiat, les jeunes touchés peuvent aussi s’adresser au chat de l’Armée du Salut sur WhatsApp ou, pour les urgences, au n° 147 de Pro Juventute.

Qu’as-tu fait pour rompre la solitude ?

«J’ai cherché le contact avec des amis et ma famille. J’ai essayé de passer beaucoup de temps avec des gens que j’aime.»

«J’ai rencontré ceux qui me sont chers et leur ai parlé de mes problèmes. Cela m’a beaucoup aidé. »

«J’ai un peu quitté ma zone de confort. J’espère et je me réjouirais beaucoup si les autres pouvaient m’accepter comme je suis. »

La solitude nous affecte tous, quel que soit le degré de connexion que nous ayons avec les canaux numériques. Comment gérer la solitude ? Laissez un commentaire.

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