« Mayday » : j’ai besoin d’aide !

T’es-tu déjà interrogé sur l’origine du mot « Mayday », l’appel de détresse international utilisé par les bateaux et les avions ? Dans son livre « Mayday ! Asking for help in times of need », l’auteure M. Nora Klaver explique que cette notion vient du français, de l’expression phonétique de « m’aider » et signifie littéralement « Aidez-moi ! ». Elle y liste toutes les raisons qui incitent souvent des personnes à repousser le moment de passer un véritable appel à l’aide, jusqu’à ce qu’elles aient touché le fond. En voici une petite sélection :

Nous demandons peut-être de l’aide trop tard Nous demandons peut-être de l’aide trop tard, parce que nous n’admettons pas suffisamment tôt que nous avons des besoins qui doivent être satisfaits.

Nous ne voyons peut-être pas l’image globale Nous ne voyons peut-être pas l’image globale, de telle sorte que l’aide que nous sollicitons ne répond que partiellement à nos besoins.

Il se peut que nous nous adressions aux mauvaises personnes Il se peut que nous nous adressions aux mauvaises personnes lorsque nous demandons de l’aide.

Il se peut que nos demandes soient formulées de manière si confuse Il se peut que nos demandes soient formulées de manière si confuse que d’autres personnes ne comprennent vraisemblablement pas que nous avons justement besoin d’aide.

Il se peut que nous recevions de l’aide mais, du fait que nos demandes n’étaient pas formulées de manière suffisamment claire, nous ne recevions pas l’aide appropriée.

Accepter de l’aide : pourquoi avons-nous autant de peine avec cela ?

Dans notre société, aider ses semblables, c’est noble. Se faire aider, c’est un signe de faiblesse. C’est du moins le stigmate qui est ancré dans la tête de nombreuses personnes. En creusant la question pour savoir pourquoi il est si difficile d’accepter de l’aide, M. Nora Klaver s’est heurtée à certains mythes, qui sont bien connus de la plupart d’entre nous.

Mythe 1 : Si vous demandez de l’aide, vous paraissez faible ou nécessiteux.
En réalité : il n’y a pas de honte à s’adresser aux autres pour leur demander de l’aide dans des périodes véritablement difficiles. C’est en fait un signe de force.

Mythe 2 : Le fait de demander de l’aide peut nuire aux relations.
En réalité : dans des relations saines, il s’agit de donner et de recevoir, pas seulement de donner.

Mythe 3 : Le fait de demander de l’aide met les autres personnes dans une situation inconfortable.
En réalité : c’est dans la nature humaine de proposer son aide, lorsque l’on voit quelqu’un en détresse. Et il n’en va pas autrement, lorsque quelqu’un d’autre vous voit en détresse.

Mythe 4 : Le fait de demander de l’aide pourrait amener au refus.
En réalité : même une réponse négative est l’occasion d’en apprendre plus sur soi-même et sur ses relations.

Mythe 5 : Le fait de demander de l’aide signifie que vous devez rendre le service reçu.
En réalité : l’aide qui est octroyée librement est offerte sans conditions ; un « merci » simple et poli suffit.

 

« Aider ses semblables, c’est noble. Se faire aider, c’est un signe de faiblesse. »

Il est indispensable de demander de l’aide

Comme nous l’avons constaté, il existe de multiples raisons pour refuser de demander de l’aide. La situation est cependant la suivante : il n’est pas possible de gérer sa vie sans faire appel aux autres. Les êtres humains sont des êtres sociaux, qui vivent en groupes depuis la nuit des temps, afin de survivre. L’idée que les progrès de l’humanité pourraient nous permettre de tout réaliser par nous-mêmes sans l’aide des autres ne fonctionne pas. La conclusion à laquelle tout individu devrait parvenir, c’est qu’à partir d’un certain point, on doit apprendre à accepter de l’aide.

En acceptant de l’aide, on fait preuve de force

Celui ou celle qui se gêne de toujours demander de l’aide aux autres peut sembler fort(e) et autonome de l’extérieur. L’impression extérieure peut cependant aussi avoir un effet pervers. La psychologue américaine Vicki S. Helgeson a par exemple découvert que la disponibilité des autres à aider peut diminuer lorsque l’on refuse constamment les propositions d’aide. Les autres croient alors que l’on s’en sort très bien tout seul et que l’on n’a pas besoin d’aide. En conséquence de cela, ils cessent de proposer systématiquement leur aide. Cela a toutefois des répercussions fatales pour l’équilibre dans les relations, que ce soit sur les amis ou les partenaires. Des relations saines se fondent sur un savant équilibre entre « donner » et « recevoir ».

« Il n’est pas possible de gérer sa vie sans faire appel aux autres. »

Faites-vous aider au moyen du processus « Mayday »

Afin de garantir que l’appel à l’aide soit transmis avec force et clarté, M. Nora Klaver recommande un processus en sept étapes :

Établissez la nécessité. Prenez le temps et posez-vous certaines questions, afin de pouvoir clarifier exactement ce dont vous avez besoin

Soyez indulgent avec vous-même. Vous ne pourrez jamais demander librement de l’aide, sauf si vous croyez vraiment que vous la méritez.

Lancez-vous. Vous devez être capable de lâcher prise et de faire confiance pour vous lancez en direction de l’aide dont vous avez besoin.

Demandez ! Il s’agit de l’étape lors de laquelle vous déposez effectivement votre demande. Étendez votre liste des personnes qui pourraient vous aider ; générez autant de noms d’aides potentielles que possible, aussi de personnes qui pourraient refuser.

Faites preuve de reconnaissance. La reconnaissance est une partie essentielle du processus. Elle vous permet de rester aimable et ouvert(e), quelle que soit la réponse à votre demande.

Écoutez attentivement votre interlocuteur. N’écoutez pas seulement les paroles, mais aussi les messages émotionnels sous-jacents qui sont contenus dans la réponse à votre demande.

Dites « Merci ». La dernière étape consiste à dire « Merci », que la personne sollicitée ait accepté de vous aider ou non. Utilisez la règle des « 3 merci », consistant à exprimer trois fois votre reconnaissance : lorsque vous convenez de l’aide, lorsque votre demande est satisfaite et la prochaine fois que vous voyez la personne qui vous a aidé.

Apporter son aide et accepter de l’aide !

À l’Armée du Salut, nous connaissons la problématique liée au fait que les êtres humains n’acceptent pas facilement de l’aide. Toutes les raisons évoquées plus haut, comme la faiblesse, la vulnérabilité ou la crainte d’essuyer un refus sont surtout malheureusement d’actualité dans notre travail quotidien avec les personnes en détresse. Mais rien que le fait de savoir cela nous incite à persévérer et à continuellement et délicatement proposer notre aide aux personnes dans le besoin. Dans l’espoir qu’elles prennent confiance et qu’elles osent accepter notre aide ou éventuellement demander de l’aide. Nous restons confiants que, grâce à ton soutien, nous continuerons à rencontrer du succès. Jour après jour.

Sources

https://www.publishersweekly.com/9781576754511

https://www.emotion.de/psychologie-partnerschaft/persoenlichkeit/hilfe-annehmen

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