Lukas Wittwer s'entraîne au cornet à pistons.

En tant que musicien, lors de la collecte des marmites, as-tu un contact avec les gens ?

Oui, c’est vrai, les « marmites », c’est quand même quelque chose de particulier. Je peux me contenter de me tenir debout, de jouer ma partition et de repartir. Simplement dérouler le programme. Il m’arrive de temps à autre de jouer sur ce mode lorsque je suis fatigué. Je voudrais bien sûr éviter cela. C’est pourquoi je joue en règle générale par cœur, je regarde les gens et je cherche le contact visuel avec eux. C’est intéressant de constater comme ils réagissent, se réjouissent, apprécient la musique, applaudissent ! Les enfants, par exemple, dansent et applaudissent souvent. Le fait de remarquer cela est important pour moi et m’incite à jouer encore mieux. De cette façon, faire de la musique me fait plaisir ainsi qu’aux amis qui écoutent.

Lukas Wittwer (56 ans) est marié et a trois enfants adultes. Avec sa femme, il dirige la communauté de l'Armée du Salut à Berne et fait presque tout pour son peuple.

Quel rôle le froid joue-t-il pour vous ?

Je me rappelle d’un temps de l’avent particulièrement froid. Il faisait si froid que mon cornet (instrument à vent) a gelé pendant que j’en jouais ! Plus rien ne fonctionnait. Chez aucun des membres de notre groupe. Nous avons tenté de réchauffer nos instruments. Puis, nous avons éclaté de rire et avons réessayé de jouer le morceau. L’un après l’autre, nous avons jeté l’éponge. Du plus grand au plus petit instrument : d’abord la basse ; et pour finir, le cornet. C’était à mourir de rire ! Nous avons dû nous réfugier dans un magasin pour réchauffer un peu les instruments. Ça a alors de nouveau suffi pour un tour. Lorsqu’il fait vraiment froid, j’ai un avantage sur les autres avec mon petit instrument. J’ai moins de laiton ou de tôle sur les lèvres.

Fais-tu du bien à tes semblables en tant que musicien lors de la collecte des marmites ?

Je me fais en premier lieu du bien à moi-même. J’aime bien faire de la musique, cela me rend heureux. Lorsque, de plus, je constate que le public apprécie la musique, c’est un effet secondaire agréable, qui me motive à continuer à m’exercer et à m’améliorer. Cela me fait penser que la musique fait aussi du bien aux autres. En tout cas, lorsque nous jouons bien ! La qualité de la musique peut naturellement varier. Il m’est déjà arrivé d’avoir un « coup de barre » complet. Alors, rien ne va plus … et il n’y a plus que de l’air qui sort de l’instrument. Selon mon expérience, il suffit d’une pause d’une vingtaine de minutes pour rétablir la situation. Ensuite, la tonalité est de nouveau meilleure. Je fais donc aussi du bien à mes semblables en faisant des pauses et en me reposant !

Achète du chocolat ou des fleurs, et donne-les directement à la caisse ou dans la rue à une personne, que tu la connaisses ou non. Fais tout simplement plaisir à quelqu’un.

Conseil #1 de Lukas

« Le bien fait le bien » : que penses-tu de ce slogan ?

Quand je fais quelque chose de bien, cela fait du bien non seulement à la personne que j’aide, mais aussi à moi-même. Je soutiens donc cette démarche. Mais on ne devrait pas tirer sa force ou définir ses capacités uniquement de cette manière. Qu’arriverait-il alors si je ne suis plus en mesure d’aider ou si j’ai moi-même besoin d’aide ? Ce serait difficile. Je connais beaucoup de personnes qui ont des difficultés à demander de l’aide. Cette situation n’est pas toujours facile, parce qu’on se sent mal à l’aise. Une personne qui a soudain besoin d’aide peut ressentir de l’humiliation. Ce sentiment peut aussi être lié à son attitude intérieure et à sa façon de se définir. Quand est-on suffisamment bon, quand ne l’est-on plus ? Il faut aussi savoir se préoccuper de soi. La Bible dit d’ailleurs : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il est impossible d’aimer son prochain si l’on n’a pas une bonne relation avec soi-même.

Comment entretiens-tu ton habileté à aider ?

Il est évident : je ne passe pas mon temps au fitness. Je crois que j’entretiens automatiquement mon habileté à aider parce que les gens viennent à moi avec leur détresse. De ce côté-là, je n’ai aucun effort à faire. En revanche, j’effectue des formations continues et je m’informe aussi bien dans le domaine de la psychologie que de la théologie. Il est important de rester à jour, de lire la littérature sur les différents sujets et de suivre des colloques.

Téléphone à quelqu’un qui attend ton appel depuis longtemps déjà et dis‑lui ce que tu voulais lui dire depuis tout ce temps.

Conseil #2 de Lukas

Pourquoi devrait-on aider les autres ?

Peux-tu raconter une situation dans laquelle tu as toi-même reçu de l’aide ?

J’ai vécu peu de choses graves dans ma vie, mais j’ai constaté à quel point il est important d’être soutenu. Par exemple, si on fait un faux pas en montagne, ce qui peut vite être fatal. Je peux également citer la réprimande que j’ai reçue d’un enseignant et qui a orienté mon avenir professionnel, ou encore le soutien externe qui m’a été bénéfique pour surmonter une situation difficile dans mon mariage. Il n’est pas toujours facile d’accepter d’être aidé, mais c’est parfois tout simplement nécessaire. Même si je suis quelqu’un qui parle beaucoup intérieurement et qui se fait des réflexions, cela ne m’empêche pas d’être aveugle dans de nombreuses situations, ce qui était le cas dans les exemples que je viens de citer. J’étais reconnaissant que quelqu’un puisse m’aider et, ainsi, me permettre d’aller de l’avant.

Dans quelle mesure les offres pour les personnes vivant en marge de la société sont-elles importantes ?

Elles sont très importantes. C’est pourquoi, lors du réveillon de Noël, nous proposons dans notre paroisse un repas pour les personnes qui sont seules. Tout le monde peut s’inscrire. Le public est toujours très varié, ce que j’apprécie beaucoup. Il est composé de gens qui vivent dans la rue, mais aussi, par exemple, de personnes âgées membres de l’Armée du Salut, qui se réjouissent de passer la soirée en compagnie d’autres personnes. Tout ce monde forme un grand groupe qui, à la fin, repart le sourire aux lèvres.

«Dans ton ménage ou ta communauté domestique, accomplis aujourd’hui une tâche que tu ne fais pas d’habitude. Assume un rôle pratique qui revient normalement à d’autres personnes.»

Conseil #3 de Lukas

Quels sont tes trois conseils pour faire le bien autour de soi de manière simple ?

Premier conseil pour faire le bien aujourd’hui : achète du chocolat ou des fleurs, et donne-les directement à la caisse ou dans la rue à une personne, que tu la connaisses ou non. Fais tout simplement plaisir à quelqu’un.

Deuxième conseil : téléphone à quelqu’un qui attend ton appel depuis longtemps déjà et dis‑lui ce que tu voulais lui dire depuis tout ce temps. Idéalement, quelque chose de positif, comme « Tu me manques » ou « Dommage que nous ne nous soyons pas vus depuis si longtemps ».

Troisième conseil : dans ton ménage ou ta communauté domestique, accomplis aujourd’hui une tâche que tu ne fais pas d’habitude. Assume un rôle pratique qui revient normalement à d’autres personnes, par exemple faire la vaisselle, faire la lessive, ranger ou faire le lit. Quelque chose d’inattendu qui montre d’une manière nouvelle que tu fais partie intégrante de ta communauté.

Comment dois-je m’y prendre si je souhaite m’engager en faveur des autres ?

Il suffit de se lancer ! Si tu vois que tu es en mesure d’aider quelqu’un, alors fais-le. Il est souvent facile d’aider son prochain, que ce soit en offrant quelque chose ou en faisant plaisir. Mais je pense qu’offrir de son temps reste le plus grand cadeau que l’on puisse faire. Prendre le temps d’écouter l’autre et de lui tendre la main.

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